1 post tagged “directeur du cabinet d’expertise-comptable mazars à annecy-le-vieux par jean marie le maux pour pays de savoie”
Interview Juin 2005 :
Alain Chavance
Directeur du cabinet de commissariat aux comptes et d’expertise-comptable Mazars à Annecy-le-Vieux (74)
Mazars en quelques mots…
Mazars est un cabinet français indépendant d’audit, d’expertise-comptable et de services aux entreprises. Mazars accompagne plus de 10 000 clients en France et à l’international en s’appuyant sur un réseau de 5 300 professionnels présents dans 62 pays.
En France, ce sont environ 2 000 personnes qui se mobilisent, au travers de 25 bureaux implantés sur tout le territoire, pour offrir une réponse de proximité aux attentes de leurs clients, de la petite entreprise aux grands groupes cotés, répartis dans tous les domaines d’activité.
Plus d’infos sur : http://www.mazars.fr
1/ Bonjour, selon vous, le passage pour les entreprises aux nouvelles normes IAS/IFRS constitue-t-il une révolution ?
Tout d’abord, il convient de rappeler que l’utilisation du référentiel IAS/IFRS ne concerne aujourd’hui en France que les sociétés cotées et éventuellement les sociétés qui établissent des comptes consolidés : le règlement européen approuvé en 2002 impose en effet aux sociétés cotées européennes d’utiliser à compter de 2005 le référentiel IAS/IFRS pour l’établissement de leurs comptes consolidés. Concernant les sociétés non cotées, elles sont libres d’opter ou non pour l’établissement et la publication de leurs comptes consolidés en normes IAS/IFRS. En revanche, aucune option n’est ouverte à ce jour pour l’établissement et la publication des comptes sociaux des sociétés françaises qui doivent par conséquent continuer à produire des comptes conformément aux dispositions du Plan Comptable Général.
Pour les sociétés concernées par le nouveau référentiel comptable, sans parler de révolution, on peut dire que les IFRS ouvrent une nouvelle ère comptable puisque ces normes privilégient une vision économique, basée sur la juste valeur, alors que jusqu’à aujourd’hui, les comptes des entreprises étaient élaborés en privilégiant plutôt des considérations juridiques ou fiscales.
Les nouvelles normes mettent également l’accent sur l’information financière et à ce titre, les notes annexes des entreprises contiendront des informations beaucoup plus détaillées qu’aujourd’hui, notamment sur les résultats par secteur d’activité.
2 / Quels sont les principaux impacts à attendre sur les comptes 2005 des entreprises concernées ?
Il est difficile de répondre précisément car les comptes de chaque entreprise seront impactés de façon différente selon le secteur d’activité, les modes de financement et les pratiques comptables antérieures. On peut néanmoins citer les conséquences suivantes, qui devraient être communes à de nombreuses entreprises :
- les durées d’amortissement des immobilisations corporelles seront revues, ce qui pourra entraîner des impacts significatifs notamment pour les sociétés industrielles,
- les goodwills ne seront plus amortis mais feront l’objet de tests de dépréciation annuels,
- tous les instruments financiers seront enregistrés au bilan à leur juste valeur,
- les engagements sociaux et les opérations de location financière seront systématiquement comptabilisés au bilan, comme le préconisaient mais sans l’imposer les règles françaises, ce qui pourra conduire dans certains cas à revoir à la hausse la dette affichée dans les comptes des entreprises, et donc détériorer certains ratios tels que le « gearing » (ratio de dettes sur fonds propres), l’un des indicateurs les plus utilisés par les banques lors de l’octroi de crédits.
3 / Les sociétés rencontrent-elles des difficultés dans le cadrede ce changement de référentiel comptable ?
Sur le chantier en lui-même, beaucoup de sociétés ont tardé dans leur préparation aux IFRS, soit parce qu’elles attendaient une pause dans le processus de normalisation, soit parce qu’elles ont sous-estimé l’importance des travaux à réaliser : les nouvelles normes s’appliquent certes à compter de 2005, mais leur mise en œuvre nécessite également de convertir les comptes 2004 afin de disposer d’un référentiel comparable.
Par contre, de nombreuses sociétés ont fait l’effort ces dernières années de faire évoluer leurs règles et principes comptables afin qu’ils soient compatibles avec les normes IFRS : en adoptant les méthodes préférentielles préconisées par les textes français (par exemple, la comptabilisation des provisions pour engagement de retraite) mais aussi du fait de l’entrée en vigueur ces dernières années de nouveaux textes sur les passifs et plus récemment sur les actifs dont l’application pouvait être anticipée.
4 / Les petites et moyennes entreprises seront-elles concernées un jour par ce nouveau référentiel ?
Depuis plusieurs mois, l’IASB, l’organisme qui élabore les normes comptables internationales, travaille sur un projet de normes comptables pour les petites et moyennes entreprises. Des simplifications seront sans aucun doute apportées aux normes IFRS actuelles et certaines normes pourraient même ne pas être retenues. En l’état actuel du calendrier, ce nouveau référentiel à destination des PME pourrait être mis en application au mieux pour le 1er janvier 2008.
En conclusion ?
Les nouvelles normes internationales sont un outil indispensable pour aboutir à terme à un seul référentiel comptable, comparable entre toutes les entreprises. Elles vont néanmoins dans l’immédiat mettre à l’épreuve la communication financière des entreprises, notamment celles pour lesquelles le passage aux IFRS affectera de façon sensible le résultat ou le niveau d’endettement. Afin d’éviter la perte de repères des investisseurs ou du grand public, on ne peut que leur recommander de faire preuve de pédagogie et de transparence.
Propos recueillis par Jm Lemaux - jml@808.fr # mobile : +33 06 62 58 91 90